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Par un riche jeu de questions, de descriptions, d'explications
mais aussi de suppositions, Jean Pardies (professeur d’histoire-géographie)
nous fait vivre toutes les facettes de l’art roman à Oloron-Sainte-Marie.
Claude Roux, photographe professionnel, participe à la dynamique
de l’ouvrage par ses nombreuses et impressionnantes illustrations
photographiques.
Ce fut un travail de longue haleine pour ces co-auteurs oloronais.
En 1987, l’édition de cet album aboutit enfin grâce aux presses
de l’imprimerie de l’association YMCA à Colomiers. Réédité depuis,
il est vendu 14,94 € au profit de l’UNICEF. Pour le commander
directement sur ce portail, il suffit de vous reporter à la fin
du résumé que nous vous proposons ci-après.
LE CONTEXTE HISTORIQUE DE L’ART ROMAN
A OLORON-SAINTE-MARIE
C’est aux XIe et XIIe siècles que
la construction de l’église Sainte-Croix et celle de la
cathédrale Sainte-Marie ont débuté, sous Centulle V, vassal
de Guy Geoffroy duc de Gascogne, dit « Le Jeune » et de son fils
Gaston IV « Le Croisé »
Centulle V, soucieux de la défense, du développement et
du rayonnement de sa vicomté, fait reconstruire et fortifier ILURO,
l’ancienne cité épiscopale anéantie par les Normands. En 1080,
il promulgue une « Charte de repeuplement » et entreprend la reconstruction
de l’église Sainte-Croix.
Son fils Gaston IV, pour remercier Dieu de son soutien
lors de sa participation à la grande croisade des Chevaliers,
offre au Béarn de nombreux édifices pieux. C’est dans ce contexte
que, dès 1102 (?), il fait terminer l’église Sainte-Croix et entreprend
la construction de la cathédrale Sainte-Marie. Comme son père,
il meurt en aidant l’Aragon lors d’une bataille de la « Reconquista
» contre les Maures.
L’EGLISE SAINTE-CROIX

Crédit photo AspodelK
L’église Sainte-Croix d’Oloron-Sainte-Marie s’impose par sa silhouette.
Son clocher et sa coupole « byzantine » attirent
le regard. Sa toiture, toute en pierre, la rend unique
au regard des édifices rencontrés dans la région. Le portail,
en forme de coquille, n’a d’intérêt artistique roman que par la
présence de ses quatre colonnes en marbre et de ses chapiteaux.
A l’intérieur, sobriété et dépouillement sont à l’ordre
du jour. Notons l’harmonie des styles et des proportions ainsi
que la présence de belles voûtes en berceau soutenues par des
arcs de plein cintre (ce sont les seules de la région, exceptées
celles de Notre-Dame de Lescar).
Ce sont surtout les chapiteaux du XIe et XIIe
siècles qui s’inscrivent comme trésor artistique roman. Dans
l’arcature aveugle de l’abside, il faut distinguer les chapiteaux
historiés et les non historiés.
Ceux qui sont historiés font référence à l’Ancien Testament
avec l’évocation du péché originel et du sacrifice d’Abraham.
Les chapiteaux non historiés sont décorés de crosses d’angle,
de feuillages et de fruits divers.
L’iconographie des chapiteaux de l’entrée du chur fait
surtout référence au Nouveau Testament, que ce soit par
l’adoration des rois mages, le festin d’Hérode, la décollation
de saint Jean-Baptiste ou le baptême de Jésus par saint Jean-Baptiste.
L’art roman des chapiteaux de cet édifice, utilise des décorations
symboliques. Symboles de la Sainte Trinité, par le biais d’un
buste surmonté de trois visages, et peut-être même par ce triple
masque à l’aspect primitif ?! Coq et centaure symbolisent-ils,
respectivement, le reniement de Pierre et le démon ? L’historien
s’interroge parfois, même s’il semble penser que les quatre étranges
personnages de la nef personnalisent les Esprits du Mal ou les
Païens vaincus.
L’importante présence des oiseaux et des monstres à ailes
dans la décoration romane des chapiteaux de l’église Sainte-Croix
est caractéristique. Ils sont parfois symboliques ; symbole de
l’Eucharistie, des tourments de l’enfer ou de la luxure punie...
Ils sont aussi, tout bonnement, décoratifs.
Enfin, de nombreux chapiteaux historiés mettent en scène les
loisirs du Moyen Age : fêtes et foires, montreur de singes,
joueurs de flûte, troubadours ou lutteurs.
LA CATHÉDRALE SAINTE-MARIE

Crédit photo AspodelK
La cathédrale Sainte-Marie est toute en puissance et rudesse.
Ses quatre tours, ses épais murs, ses meurtrières, tourelles et
créneaux sont les témoins d’une ancienne fortification médiévale.
Sujet à de nombreux agrandissements et restaurations, cet édifice
illustre le passage de l’art roman vers le gothique flamboyant.
Il ne reste que peu d’éléments de la cathédrale primitive. Quelques
piliers et chapiteaux à l’intérieur et surtout le magnifique portail
à l’extérieur. C’est sur cet élément que nous nous attarderons
en priorité.
Ce portail date du XIIe siècle. Il est, sûrement,
le plus beau et le plus intact de la région car protégé par un
porche. L’archivolte du portail comprend : deux voussures
sculptées en ronde-bosse, elles-mêmes limitées par des bandeaux
ciselés et un tympan en trois parties sculpté en méplat.
Sur le tympan, est représentée la descente de croix
de Jésus.
Sur la voussure supérieure, c’est le triomphe de Dieu
sur le Royaume des Cieux qui est évoqué. Celle-ci comporte
« un bandeau chanfrené décoré de fines arabesques et présente
les 24 vieillards de l’Apocalypse célébrant la gloire de
Jésus représentée sur la clé de voûte.
La voussure inférieure représente la préparation du festin. Une
mise en scène époustouflante des activités traditionnelles béarnaises
apparaît : chasse au sanglier, pèle-porc, fabrication d’un
tonneau, vendange...
Soutenant cette archivolte, quatre colonnettes de marbre
accueillent de magnifiques corbeilles en leur hauteur.
Les deux statues placées au-dessus des voussures représentent-elles
les deux gardes du tombeau du Christ ? Les deux mystérieux cavaliers
en avant et à droite des voussures symbolisent-ils la victoire
du Christianisme ?
A l’intérieur de la cathédrale, les vestiges romans sont
rares mais curieux, ce sont principalement :
- Toute une série de têtes les unes plus curieuses que les autres
: tête démoniaque, tête ronde, tête de nègre, visages symboliques...
- Dans le collatéral sud, trois chapiteaux dont la décoration
rappelle celle du portail. L’un évoque Daniel dans la fosse
aux lions, l’autre quatre oiseaux antithétiques et le troisième
représente un feuillage évocateur de flammes.
En guise de conclusion, Jean Pardies dégage les caractères
généraux de l’art roman, ses techniques, son génie à partir de
ces deux édifices oloronnais.
« L’ART ROMAN
A OLORON-SAINTE-MARIE », outre le texte illustré,
comprend aussi des annexes très pédagogiques :
- un lexique
- un historique comparé de l’église Sainte-Croix et de la cathédrale
Sainte-Marie et sur ce qui ce passe en même temps en Béarn,
en France et ailleurs
- deux petits guides de visite ; l’un pour l’abside de l’église
Sainte-Croix, l’autre pour le portail de la cathédrale Sainte-Marie.
Nous tenons à indiquer que Jean Pardies, n’est pas avare de notes
de bas de page toujours très intéressantes même pour les non-initiés.
Là, pour donner quelques compléments sur l’évolution de l’iconographie
chrétienne romane... là pour comparer la représentation symbolique
de la trinité chrétienne au dieu tricéphale Gallo-Romain, Celte
ou bien Hindou... là encore pour nous éclairer sur Gilgamesh,
roi légendaire assyrio-babylonien... plus étonnamment encore,
sur l’origine controversée du portail de la cathédrale Sainte-Marie...
ou sur l’explication de la représentation symbolique de Jésus
par l’agneau sur ce même portail.
L’auteur détaille et décortique chaque élément avec autant
de passion que de dynamisme.
Bonne lecture et bonne visite !!!
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